Archives de Février, 2006

Sauvez un arbre, jetez un plateau!

1 Février 2006 par Philippe Beaudoin

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La transformation des jeux de plateau populaires en version jeu de carte est fréquente, et Mary, sur Gone Gaming, réfléchit à ce phénomène. Elle s’étonne entre autre qu’on ait pu se permettre de jeter le plateau, sans trop perdre d’intérêt, dans les jeux suivants:

La partie la plus intéressante de l’article reste sans doute la petite liste sympathique de jeux que l’auteure aimerait bien revoir en version jeu de cartes. Elle y nomme Torres, Through the Desert, Tikal et même Caylus. Ça vous paraît impossible? Quand je regarde ceux qui ont déjà été convertis, ça ne paraît pas si absurde que ça! En tous cas, c’est un bon exercice que d’essayer d’imaginer une version carte de ces jeux. Ne vous gênez pas pour partager vos avis ou me nommer d’autres jeux que vous voudriez voir convertis.
(Source: Gone Gaming)

LadR: Made in Quebec

2 Février 2006 par Philippe Beaudoin

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Après Les Aventuriers du Rail Québec que nous avait concocté Alien (et que je ne trouve malheureusement pas sur le net), Louis-David nous propose aujourd’hui de découvrir ses nouvelles cartes qui incluent les fameuses triples destinations, ainsi qu’un certain nombre de cartes d’action qui ne laisseraient pas Faidutti indifférent. C’est à découvrir sur deux fichiers PDF ici et ici.
(Source: Dragons Nocturnes)

Week-end ludo plein-air 2005: un compte-rendu

3 Février 2006 par Philippe Beaudoin

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C’est un peu tard, et ça traînait sur ma machine depuis longtemps, mais comme on en est à préparer la rencontre de cette année, j’ai cru bon mettre en-ligne le compte-rendu du week-end ludo plein-air 2005. Des dizaines de photos et, surtout, une Danse des Oeufs sur glace gravée sur pellicule. Pour tous ceux qui aiment les sports extrêmes, c’est quelquechose à voir!

Les Jedi de Puerto Rico

4 Février 2006 par Philippe Beaudoin

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C’est étrange comme certains sujets ont tendance à faire surface un peu partout simultanément. Je lisais récemment un excellent article de Mario T. Lanza, discutant de kingmaking et de certains comportements qu’on ne pouvait exiger de nos confrères joueurs. Aujourd’hui je tombe sur une bonne geeklist de Jason Little qui pose un certain nombre de questions aux usagers de boardgamegeek dont celle-ci et celle-là qui traitent à peu près des mêmes sujets que l’article précédent.

Maintenant, je le concède, le texte de Lanza est plutôt long. Je me permet donc d’extraire et de traduire certains passages qui me semblent particulièrement intéressants.

Parmi les joueurs avec qui je déteste jouer, il en existe une sorte qui m’exaspère particulièrement. Ce sont les joueurs qui se considèrent les plus aptes et les plus expérimentés à un jeu particulier. Jeremy Avery a justement appelé ces prétendus experts Les Jedi de Puerto Rico. Ces joueurs ont déterminé le coup optimal pour chaque situation de jeu et sont offensés quand un adversaire “incompétent” commet un coup sous-optimal. (ma traduction)

Selon Lanza, ces Jedi ont parfois tendance non seulement à offrir leurs conseils, mais même à tenter de forcer la main du joueur dont c’est le tour. Un comportement, je dois bien l’avouer, qui me choque. (Bien qu’il me soit arrivé, je le confesse, d’être exaspéré par le coup arbitraire d’un adversaire qui n’est plus dans la course.) Pour ne pas être en reste, Lanza offre sa perspective de ce qu’un joueur est en droit de s’attendre et de ce qu’il ne peut exiger de ses adversaires:

Même si les chances de victoire d’un joueur tendent vers zéro, attaquer les troupes d’un adversaire dans le but avoué de bénéficier à son petit ami est carrément mal. N’importe qui se sentirait victime d’un biais externe aussi évident.

Il arrive cependant parfois qu’un joueur se sente victime de décisions qui paraissent arbitraires ou qui semblent être biaisées par des facteurs externes et suspects. […] Dans un tel cas, l’accusé n’est en aucun cas obligé de défendre ses actions. Il est probable, surtout dans un nouveau jeu, que les coups d’un joueur soient exploratoires voire arbitraires. Parce qu’il est impossible de véritablement savoir que quelqu’un est motivé par un biais externe, nous devons à tous le bénéfice du doute.

Naturellement, il est facile de se sentir lésé lorsque l’on fait l’objet du coup décisif d’un kingmaker. Normalement, les joueurs devraient viser leur bénéfice direct (ou indirect) ou alors ne bénéficier à personne en particulier. De cette façon les joueurs démontrent qu’ils ne sont pas biaisés. À l’opposé, il n’est pas injuste que les joueurs agissent selon un biais formé à l’intérieur du contexte de la partie. Comment un joueur peut s’indigner lorsque sa victime, au moment décisif, donne la partie à un autre? Ce genre de kingmaking est le reflet de la diplomatie du monde réel. (ma traduction)

Évidemment ce genre de remarque ouvre la porte toute grande au kingmaking. Lanza ne le condamne d’ailleurs pas et, à son propos, il dit ceci:

La clé d’un bon geste de kingmaking réside dans sa justification. Le kingmaking arbitraire, fait sans ou avec peu de raisons, sera considéré un geste brusque, potentiellement répréhensible. Lorsque vous faites du kingmaking, soyez à tout le moins prêt à vous expliquer. (ma traduction)

La partie la plus intéressante de l’article reste sans doute celle où Lanza décrit l’éventail de toutes les raisons qui peuvent motiver un coup. Selon lui, et selon moi, un joueur a le droit d’invoquer l’une ou l’autre de ces raisons et aucun Jedi n’a à lui reprocher:

Je suis libre de déterminer mes objectifs et les moyens à prendre pour les réaliser. Je peux tenter un coup risqué pour la victoire qui, s’il échoue, aura des conséquences dramatiques. Je peux jouer de manière conservatrice. Je peux jouer pour améliorer ma position quand j’ai déjà concédé la victoire. Je peux attaquer le meneur. Ou encore je peux marcher sur le second ou le troisième joueur dans la poursuite de mon but. Je peux jouer d’une façon dans un partie et de façon totalement différente, et totalement inconsistante, dans la suivante. Chacune des décisions que je prend m’appartient totalement. Bien qu’être l’objet de l’une de ces décisions peut paraître injuste, chacune d’elles est aussi légitime que la suivante. Si vous souhaitez m’offrir votre avis, je vous écouterai, mais soyez prêt à vous la fermer et à vivre avec les conséquences si je choisis autre chose.

Jouer un coup sous-optimal, ne serait-ce que pour concrétiser une menace ou une réponse promise, dépeint un portrait du joueur. La constance d’un joueur ajoute du poids à ses promesses ou ses menaces futures. […] L’argument qu’une partie ne devrait être jouée que par et pour elle-même n’est pas une vérité universelle. Selon moi, les joueurs jouent suivant leurs propres règles, pour leurs propres raisons, et de la façon dont ils le souhaitent. (ma traduction)

Pour terminer l’article de Lanza, je souligne un petit passage à l’attention de Pierre et de Paul, pour alimenter la désormais célèbre saga de l’empereur: “J’admire l’humilité et je déteste l’arrogance. Si les circonstances me forcent à choisir entre un joueur arrogant et un autre, vous pouvez deviner lequel fera l’objet de mon attaque.

Je reviens brièvement sur la geeklist que j’ai mentionnée plus haut. Les commentaires (1, 2) présentent en effet les réponses de bon nombre de joueurs aux questions soulevées par Lanza. On y observe un certain portrait des joueurs américains où se distingent essentiellement deux camps: les Jedi de Puerto Rico et les autres.

Et vous, où vous situez-vous?

C’est le temps de déglacer le char…

5 Février 2006 par Philippe Beaudoin

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Bon… C’est le temps de déglacer le char…“, c’est sur cette phrase que s’est terminée, pour Daniel, une superbe journée de jeu bien remplie à Laval. C’était la première fois, grâce à un concours de circonstances exceptionnel, que j’avais la chance de participer à la rencontre mensuelle organisée par Paul et qui attire un nombre toujours croissant de joueurs. Tout, sur les lieux, est organisé en fonction du jeu. Le sous-sol, bien éclairé et avec peu de fenêtres, nous permet d’ignorer le temps qui passe. Seule une petite horloge accrochée au mur nous rappelle, lors d’un rapide coup d’oeil, qu’il est déjà 3 heures du matin et qu’il faudrait peut-être rentrer.

Bref, une journée exceptionnelle pour moi, qui n’ai pas l’habitude de jouer aussi intensément. Comme le disait Pierre, dans la voiture, au retour: “C’est comme dans le temps où je jouais à Warcraft une journée entière sans quitter une seule fois l’ordinateur.

Je vous propose donc ci-après une critique et un compte-rendu des parties que j’ai faites. Je ne vous donnerai ni les participants, ni les gagnants. Paul le fait généralement très bien dans son propre compte-rendu (disponible ici). Fait à noter: sur 6 jeux, 5 étaient pour moi des découvertes. Et pour La Città, j’y avais déjà joué mais c’était il y a si longtemps que j’avais l’impression de le découvrir à nouveau.

Big Shot (BGG)
Big Shot
El Grande selon Randolph

C’est sur ce classique de Randolph qu’on a commencé l’après-midi. Un très bon jeu de majorité où on place non seulement nos propres cubes mais aussi ceux de nos adversaires. Tout l’art du jeu consiste à savoir combien enchérir sur un lot qui contient 4 cubes choisis au hasard parmi les couleurs des 4 joueurs. J’ai beaucoup aimé ce jeu somme toutes très simple, mais dans lequel la valeur de chaque lot est excessivement difficile à calculer et dépend ultimement du joueur qui le choisira. Bref, c’est très difficile mais très plaisant!


Il Principe
(BGG)
Il Principe
Une autre carte miniature de Ornella

La première chose qui frappe quand on ouvre la boîte de Il Principe, c’est qu’Ornella aime définitivement les cartes miniatures! Ici on a droit à l’extrême nord de l’Italie, depuis Sienne en montant, dans pas plus de quelques centimètres carrés. On n’est pas chez Eagle Games!

Passé ce clin d’oeil on découvre un jeu de gestion de cartes assez déroutant. On achète des cartes aux enchères qu’on utilise ensuite pour construire des villes avec lesquelles on se bâti des séquences de cartes qui nous permettent d’acquérir des rôles qui peuvent nous donner des points de victoires quand un adversaire construit une ville… Bref, vous voyez le topo: c’est tordu dans tous les sens et on ne sait pas trop quoi faire. Ajoutez à ça un décompte de majorité final pas mal payant et 3 ou 4 autres façons de glaner des points, et vous comprendrez que Il Principe n’est pas facile à cerner.

Malgré tout j’ai bien apprécié le jeu d’Ornella. Il semble qu’on puisse y adopter avec succès de multiples stratégies. Il s’agit en fait de ne pas trop déroger de sa ligne directrice. Dans cette première partie, ma plus grande difficulté a été que je n’arrivais pas à tout voir, mais avec plus de parties ça s’améliorera probablement.


Mississippi Queen
(BGG)
Big Shot
Le Mississippi et ses p’tites madames

L’arrêt au puit sous forme d’un salut à César vous avait toujours paru un peu plaqué dans Ave Cesar? Attendez de voir les p’tites madames de Mississippi Queen!

À la lecture des règles, on était tous emballés par un jeu de course en apparence simple mais qui semblait offrir juste ce qu’il faut de gestion et de planification pour être intéressant. Bon, on a fait une petite erreur dans la règle qui fait que le premier joueur découvrait un peu tardivement le tracé du fleuve. Une variante qu’on a nommée Mississippi By Night et que je ne vous conseille pas vraiment. Malgré cela le jeu ne semble pas tenir sa promesse. Tout d’abord, l’ordre de tour est difficile à déterminer avec certitude: le joueur en avance est supposé jouer le premier, mais le circuit tourne dans tous les sens alors comme déterminer qui est en avance? De plus, il est possible de pousser les autres ajoutant un côté Robo-Rallie pas vraiment emballant. Au final on ne contrôle donc pas grand chose…

Le côté positif de la partie c’est que Pierre nous avait annoncé dès le début qu’il n’avait jamais perdu à ce jeu. Je me suis donc fait un devoir de le coiffer au fil d’arrivée. Je dédie d’ailleurs cette victoire à notre hôte, Paul, dont les démêlés avec Pierre sont aujourd’hui légendaires! ;)


La Città
(BGG)
La Citta
La fidélité de nos citadins n’est pas acquise dans La Città

Cette partie m’a rappelé une vieille chanson de Renaud:

J’étais tranquille j’étais peinard
Accoudé au flipper
Le type est entré dans le bar
A commandé un jambon beurre
Et y s’est approché de moi
Et y m’a regardé comme ça

En fait c’est ça, j’avais deux jolies petites villes de campagnes, perchées dans le haut de la carte, pendant que mes trois adversaires se faisaient la peau au centre. Je me développais tranquillement en polissant mes statues mais voilà…

Y m’a filé une beigne
J’lui ai filé une torgnolle
Y m’a filé une châtaigne
J’lui ai filé mes groles

Dominic n’a pas eu pitié de moi et a construit deux autres villes à des endroits stratégiques. Un aspect que, dans mon petit confort, j’avais complètement laissé tomber. Au final il empoche 33 points de victoire alors que mes citadins pleurent encore sur leurs 32…

Une très bonne partie d’un très bon jeu que j’ai eu du plaisir à redécouvrir. Le problème semble être qu’on se remet difficilement quand on commence à piquer du nez. C’est une caractéristique que La Città a en commun avec Age of Steam, mais qui ne m’empêche pas de les apprécier tous deux.


Elasund
(BGG)
Elasund
Les Colons sans hexagones, est-ce que c’est encore les Colons?

Elasund c’est la nouvelle mouture des Colons de Catane sauce gros joueurs. On y retrouve encore la machivélique paire de dés, qui ce soir-là s’est amusée à éviter soigneusement le 5 jusqu’à la toute fin. À part ça, le jeu s’est endurci et nous offre mainteant la possibilité d’écraser les bâtiments de nos adversaires et ainsi de les faire reculer aux points. On n’y retrouve pas non plus de gestion de ressources ni de phase d’échange. Ici il faut plutôt placer judicieusement ses constructions et essayer d’éviter les endroits à risque. On est au final en présence d’un jeu passablement différent des autres variations sur le thème de Catane. Les règles sont plus complexes, avec bon nombre de petits détails assez contre-intuitifs. Je doute qu’on y rejoue frénétiquement comme à son prédécesseur, mais je referai bien encore quelques parties.

Une anecdote essentielle de cette partie: j’étais en retard pendant un bon bout temps, en raison d’une évidente pénurie de 5. Je parviens éventuellement à me relever, et j’entrevois la possibilité de terminer cette partie grâce à un sprint final qui me permettrait de scorer 4 points d’un seul coup. J’espère seulement que le tour se rendra jusqu’à moi… Oui! Pierre ne peut pas construire! Ravi et souriant j’annonce que c’est terminé, je paye mes 5 pièces d’or, retire mes permis de construction, me penche pour… AAAAAAARRRRRRGHHHHH! Il n’y a plus de bâtiments de 6 cases! S’en est suivi une revision en bonne et due forme de mes vases liturgiques. J’aurais pu gagner au tour suivant, mais bien sur Pierre a pris le soin d’écourter la partie. Bravo Pierre!


Targui
(BGG)
Targui
Une stratégie perdante à Targui? Rouler des 1!

Ahhhh, Targui, Targui, Targui… J’espère qu’aucun voisin ne tentait de dormir dans un rayon d’un kilomètre car il aurait immanquablement été réveillé par mon cri viscéral “NOOOOoooon! Pas un cinquième!” Et bien oui, chers amis, une fois sur 7776, un être malchanceux sur la planète roule cinq 1 consécutifs. Ce samedi, ça s’est passé à Laval et vous lisez le blog de la malheureuse victime. Pas étonnant, donc, que la colonie de mes touaregs se soit atrophiée à vue d’oeil. Daniel, en bon opportuniste, en a profité pour me voler mon camp de base et tout espoir de retour dans la partie.

Mal lui en pris car, craignant son hégémonie, Paul et Pierre se sont ligués contre lui (un autre événement qui ne se produit qu’une fois par millénaire). Daniel a donc perdu lui aussi son camp de base et a quitté la table en lançant un pragmatique “Bon… C’est le temps de déglacer le char…